Valoriser son stock : coût moyen pondéré ou premier entré, premier sorti
Vous avez acheté le même article trois fois à trois prix différents. Combien vaut ce qui reste en magasin, et combien vous a coûté ce que vous avez vendu ? Deux méthodes répondent, et elles ne donnent pas le même chiffre.
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Pourquoi la question se pose
Tant que vos prix d'achat ne bougent pas, la valeur du stock est une simple multiplication. Mais les prix bougent : le fournisseur augmente, le transport coûte plus cher, vous obtenez une remise sur une grosse commande. Au bout de quelques mois, le même article est entré chez vous à plusieurs prix.
Or deux chiffres dépendent de la réponse. La valeur du stock, qui figure dans vos comptes à la clôture. Et le coût de ce que vous avez vendu, donc votre marge. Si vous vous trompez sur l'un, vous vous trompez sur l'autre.
Ce que dit le SYSCOHADA
L'article 44 de l'Acte uniforme relatif au droit comptable et à l'information financière, du 26 janvier 2017, distingue deux cas.
Les biens identifiables, que l'on ne peut pas échanger l'un contre l'autre, s'évaluent article par article, à leur coût d'entrée : un véhicule d'occasion, une machine, un meuble fabriqué sur mesure.
Les biens interchangeables, comme des sacs de ciment ou des cartons de carrelage identiques, s'évaluent selon l'une de ces deux méthodes :
- Le premier entré, premier sorti (PEPS) : on considère que les unités les plus anciennes sortent les premières.
- Le coût moyen pondéré (CMP) : on calcule un coût moyen de toutes les unités en stock, en tenant compte des quantités achetées à chaque prix.
L'Acte uniforme écrit « C.M.P. ». « CMUP », pour coût moyen unitaire pondéré, est le nom qu'on lui donne couramment : c'est la même méthode.
Pour les biens interchangeables, l'article 44 ne cite que ces deux méthodes. Le « dernier entré, premier sorti » n'y figure pas.
Un exemple chiffré
Prenons une quincaillerie qui vend des sacs de ciment. Les chiffres sont inventés pour l'exemple. Sur le trimestre, elle fait trois achats, puis une vente.
| Opération | Quantité | Prix unitaire | Montant |
|---|---|---|---|
| Achat n° 1 | 100 sacs | 4 000 F | 400 000 F |
| Achat n° 2 | 200 sacs | 4 300 F | 860 000 F |
| Achat n° 3 | 100 sacs | 4 600 F | 460 000 F |
| Total des achats | 400 sacs | 1 720 000 F | |
| Vente | 250 sacs |
Il reste 150 sacs en magasin. Combien valent-ils, et combien ont coûté les 250 sacs vendus ?
Au coût moyen pondéré. On divise le total payé par le nombre de sacs : 1 720 000 ÷ 400 = 4 300 F le sac. Les 250 sacs vendus ont coûté 250 × 4 300 = 1 075 000 F. Les 150 sacs restants valent 150 × 4 300 = 645 000 F.
Au premier entré, premier sorti. Les 250 sacs vendus sont les plus anciens : les 100 sacs du premier achat (400 000 F), puis 150 sacs du deuxième (150 × 4 300 = 645 000 F). Ils ont coûté 1 045 000 F. Il reste 50 sacs du deuxième achat (215 000 F) et les 100 sacs du troisième (460 000 F) : le stock vaut 675 000 F.
Dans les deux cas, coût des ventes et stock restant font bien 1 720 000 F au total. Mais la répartition change : 30 000 F d'écart sur un seul article.
Ce que l'écart veut dire
Supposons que ces 250 sacs aient été vendus 5 500 F pièce, soit 1 375 000 F. Au coût moyen pondéré, la marge est de 300 000 F. Au premier entré, premier sorti, elle est de 330 000 F.
L'argent en caisse est le même. Ce qui change, c'est le moment où la hausse des prix d'achat apparaît dans vos comptes. Quand les prix montent, comme ici, le premier entré, premier sorti fait sortir d'abord les sacs les moins chers : la marge paraît plus forte aujourd'hui, et le stock restant est compté plus cher. Le coût moyen pondéré lisse la hausse sur toutes les unités.
- Le coût moyen pondéré est le plus simple à tenir : un seul coût par article, recalculé à chaque achat. Il convient bien aux articles que l'on ne distingue pas en rayon.
- Le premier entré, premier sorti demande de suivre chaque arrivage. Il s'impose naturellement quand vous devez de toute façon vendre le plus ancien d'abord, par exemple des produits qui se périment.
On ne change pas de méthode en cours de route
L'article 44 demande d'appliquer la même méthode à tous les stocks de nature et d'usage similaires. Des méthodes différentes restent possibles pour des stocks de nature ou d'usage différents : le coût moyen pondéré pour la quincaillerie courante, l'évaluation article par article pour le gros matériel, par exemple.
En pratique : choisissez une méthode avec votre comptable, écrivez-la, et gardez-la d'un exercice à l'autre. Des comptes ne se comparent d'une année à l'autre que si la règle n'a pas changé entre-temps.
L'inventaire de fin d'exercice
La valorisation ne vaut que si les quantités sont justes. L'article 42 de l'Acte uniforme le demande : à la clôture de chaque exercice, l'entité recense et évalue ses biens, ses créances et ses dettes à leur valeur du moment, dite valeur actuelle. Le contrôle par inventaire fait partie des conditions d'une comptabilité régulière (article 17).
L'article 43 ajoute une règle de prudence. Si un article vaut moins à la clôture que ce qu'il vous a coûté, parce qu'il est abîmé ou démodé, la perte est constatée par une dépréciation. S'il vaut plus, on garde sa valeur d'entrée : on ne compte pas un gain qui n'est pas encore réalisé.
Pour que le comptage se passe bien :
- Arrêtez les mouvements le temps du comptage : ni vente ni réception, ou alors notées à part.
- Comptez à deux, rayon par rayon, sans regarder la quantité attendue.
- Mettez de côté ce qui est cassé, périmé ou invendable, et parlez-en à votre comptable.
- Expliquez les écarts avant de les corriger : erreur de saisie, casse non notée, vol, livraison non enregistrée.
Et dans N Business OS ?
Dans N Business OS, chaque réception d'achat recalcule le coût moyen pondéré de l'article, et c'est sur ce coût que reposent la valeur du stock et la marge. Le module Stocks tient les mouvements, les alertes de rupture et l'inventaire ; pour les produits qui se périment, le module Dates de péremption fait sortir d'abord le lot le plus urgent.
Le choix de la méthode qui figure dans vos comptes reste à valider avec votre expert-comptable. À voir : la gestion de stock, la comptabilité SYSCOHADA et notre guide sur le stock et la commande.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre CMUP et PEPS ?
Le coût moyen pondéré donne à toutes les unités en stock le même coût moyen. Le premier entré, premier sorti considère que les unités les plus anciennes sortent d'abord, à leur propre prix d'achat.
Quelles méthodes le SYSCOHADA retient-il pour valoriser le stock ?
Pour les biens interchangeables, l'article 44 de l'Acte uniforme du 26 janvier 2017 cite le premier entré, premier sorti et le coût moyen pondéré. Les biens identifiables s'évaluent article par article, à leur coût d'entrée.
Peut-on changer de méthode d'une année à l'autre ?
L'article 44 demande la même méthode pour tous les stocks de nature et d'usage similaires. Avant tout changement, parlez-en à votre expert-comptable : il vous dira si c'est possible et comment le justifier.
L'inventaire annuel est-il obligatoire ?
Oui. L'article 42 de l'Acte uniforme demande, à la clôture de chaque exercice, le recensement et l'évaluation des biens, des créances et des dettes de l'entité.
Sources
- OHADA, Acte uniforme relatif au droit comptable et à l'information financière (26 janvier 2017)
- Texte de l'Acte uniforme du 26 janvier 2017, articles 17, 42, 43 et 44 (PDF, oneccabf.org)
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas l'avis d'un expert-comptable ou de l'administration fiscale. Les règles changent : vérifiez-les à la source avant de décider.
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